vendredi 1 mai 2009

Brèves du Jeudi


Climat/Suède:
le mois d'Avril est déjà assuré de battre tous les records de chaleur avec un écart à la moyenne 1960-1990 de 4 degrés pour la moitié Sud. Ce n'est pas pour déplaire aux suédois, plutôt heureux de connaître des journées à 20 degrés, et de pouvoir cette fin de semaine fêter Valborg au jardin!

Valborg: c'est une fête à l'origine lointaine. Comme souvent, on y trouve un fond païen: on y chasse les mauvais esprits de la nuit, dont les sorcières. Ainsi, dans les pays où l'on fête Valborg, les enfants se déguisent en sorcière et vous jouent des mauvais tours! On allume des feux, surtout en Suède, Finlande et Estonie. Cette tradition est également l'occasion de soirées arrosées en Allemagne, Lettonie et Tchéquie. Avant le Moyen-Age, elle était l'occasion d'un culte à la Lune.

Coupe du monde de hockey: cet évènement annuel se déroule actuellement en Suisse. Russie, Tchéquie, Finlande, Canada, USA et Suède en sont les favoris. La France y participe, mais son objectif est surtout de ne pas finir dernière et d'éviter la relégation.
A signaler la promotion de la Turquie (si si!) en deuxième division, et le retour de l'Italie en première. Le Royaume-Uni est lui toujours dans les basses divisions: quand on songe qu'au début du XXe siècle c'était le pays dominant dans ce sport, et sans profiter des joueurs à passeport canadien!

Football et Crise: les grands clubs anglais vont avoir du mal à payer leurs joueurs ces prochaines années. West Ham n'a même pas trouvé de sponsor, et de riches milliardaires islandais et russes se désengagent de leurs clubs. Le sport va-t-il retrouver sa tête? Pas sûr: les milliardaires arabes ne semblent pas renoncer à cette vitrine.

Grippe mexicaine/porcine/A-H1N1: la définition du terme "pandémie", c'est que la maladie s'est propagée hors de son territoire d'origine. A ne jamais le définir, les gens imaginent des scénarios catastrophe sur de fausses bases. On peut très bien avoir une pandémie avec 100 morts, ou une évolution locale avec des milliers de morts. Les rumeurs vont bon train: un laboratoire, une diversion des politiques à la crise... en tout cas, les porcs en sont les premières victimes. Par un réflexe moutonnier habituel, les gens ont arrêté de consommer du porc. L'OMS a quand même du préciser qu'il n'y avait pas eu le moindre cas décelé chez les cochons!
L'Egypte a même pris les devants: elle fait abattre son cheptel de porcs.
Il faut dire qu'ils n'en perdent pas une pour pénaliser la minorité copte (10-15% de la population). Les restrictions civiles, les églises incendiées et les ratonnades sont certes plus grave. Mais en s'attaquant à leurs moyens de subsistance, c'est le départ ou la conversion.

Equateur: le président Rafael Correa a été réélu. De tous les présidents de la "vage socialiste" d'Amérique Latine, c'est le plus réussi. Economiste de formation, il a su développer un secteur non-libéral sans sacrifier les emplois du secteur concurrenciel -à l'opposé des Misiones de Chavez-. Lui aussi attaché à la revalorisation sociale et symbolique des métis indiens, il a su faire accepter leur entrée progressive dans la société dominante sur la base exclusive du mérite. Morales et ses proches condambés pour corruption et trafic de drogue en Bolivie ont de quoi en prendre de la graine. Enfin, Correa n'a pas pris la moindre mesure contre la liberté d'expression, ce qui ne l'a pas empêché de se faire réélire à 52% des voix. Serré, certes. Mais une grande victoire de la démocratie, et une grande victoire pour les plus faibles qui ont su mettre leur destin dans des mains responsables.

Islande: victoire de la gauche aux élections. Il faut dire que le parti libéral n'avait aucune chance... Le pays a même connu une manifestation au début de l'année! Le nouveau premier ministre Jóhanna Sigurðardóttir doit composer avec ses alliés socialistes. Qui ne veulent pas de l'entrée dans l'UE. Alors que cela était le thème principal de la campagne. (Le thème de la moralisation de l'économie aussi, mais en Islande encore plus qu'en France il ne faut pas se faire d'illusions!)

Suède: nouvelle pas très fraîche, mais après l'Italie la Suède aussi va relancer la construction de centrales nucléaires, 20 ans après le référendum de sortie.

Russie: Dmitriy Medvedev a donné une entrevue au quotidien Novaïa Gazeta, d'opposition où travaillait Anna Politkovskaïa. Un des rares vrais journaliste de France, Fabrice Nodé-Langlois revient par ailleurs d'un voyage en profondeur en Tchétchénie. Si les habitants sont globalement satisfaits du retour au calme, symbolisé par la levée de l'Etat d'urgence la semaine dernière, les bases pour de futurs conflits sont toujours présents: des russes, des tchétchènes russophiles, des tchétchènes islamophiles, et des réseaux de combattants liés à l'Arabie Saoudite. Le site internet de l'émirat islamique au Caucase en donne un bref aperçu.

Géorgie: la tension monte. Ce sera l'objet d'une prochaine note de ma part. La Russie vient par des accords avec les républiques d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie d'officialiser son annexion graduée.

Turquie: une fusillade à Istanbul, 7 soldats morts au Kurdistan. Cela se passe chaque mois, il est important de s'en rendre compte pour comprendre l'agenda d'Ankara. Qui soit dit en passant a une nouvelle fois bombardé le Nord de l'Irak.

Rome/Paris: le maire de Paris Delanoë ridiculisé par l'ancien leader de la gauche et ancien maire de Rome Walter Veltroni. Delanoë avait en effet estimé que la collaboration de sa ville avec celle du romain Alemanno allait souffrir des penchants fascistes de celui-ci. Veltroni est intervenu pour dire au maire de Paris qu'il avait de bien mauvaises informations.
De fait, il y a eu le jour de son élection des bras tendus. Mais il n'y a eu aucune approbation de la part de la nouvelle équipe municipale. Et la confluence de Alleanza Nazionale (parti post-fasciste, ex-MSI) dans le PDL de Berlusconi laisse au mouvement dissident La Destra le monopole des nostalgiques.

Espagne: nouvelle pas fraîche non plus. Mais je viens d'apprendre que sous la gestion socialiste un mémorial aux républicains combattants de la guerre civile a été ouvert. Mémorial à sens unique, où les massacres de civils, de prêtres, de bonnes soeurs sont tout bonnement ignorés.
La réconciliation sous la surveillance de Juan Carlos passait justement par la reconnaissance institutionnelle de la primauté de la démocratie, de pair avec une mémoire partagée de la barbarie partagée. Cette histoire nationale revisitée est une honte. Au XXIème siècle on devrait être capables de comprendre et faire comprendre que la barbarie n'est pas l'apanage des seuls perdants. La droit souvent accusée de vouloir faire l'histoire n'a jamais osé remettre en cause le compromis historique. La gauche sûre de sa supériorité morale l'a fait.

France: rien. En fait, si, beaucoup de choses. Le sport national du "je dénonce, mais jamais les bonnes personnes ou les bons mécanismes" persiste.
Un exemple "léger": Daniel Bouton de la Société Générale s'en va sous les huées politiques et populaires.
Faut-il quand même rappeler que c'est lui qui en 11 ans a fait de son groupe franchouillard un des géants mondiaux, qui contrairement à ses homologues américains peut se permettre un trou de 5 milliards? Je laisse de côté les critiques qui relèvent de la critique générale du capitalisme. Dans l'intérêt de sa banque, Daniel Bouton a été un bon manager. Il a su faire son métier, contrairement à d'autres qui restent 6 mois en poste, le temps de couler la boîte et d'empocher parachutes dorés et stocks-options.
Les critiques de type anti-ultralibérales sont pour moi justifiées. Mais elles ne doivent pas se focaliser sur Daniel Bouton. Une banque, c'est un CA et des actionnaires. Daniel Bouton a profité d'un système tout en faisant son métier honorablement. Faut-il aussi rappeler que la Société Générale est la plus grande créatrice d'emplois depuis cinq ans en France ?

J'aime la révolte, la critique dure, la contestation. Mais je préfère l'ordre injuste à la révolte, la critique dure, la contestation quand celles-ci ciblent les mauvais coupables. Car on ajoute l'injustice à l'injustice. Et en plus, par sa bêtise, on redore le blason de l'injustice initiale.
Avis à tous les rebelles: c'est souvent vous qui permettez aux injustices de perdurer.

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